Il y a deux jours je me suis bien énervée, je me suis mise en colère contre des personnes. Je n’en suis pas fière. J’ai, depuis, une peine au cœur, une tristesse, d’avoir failli.  Oui c’est ça, j’ai failli. La peur colère l’a emporté !

J aurais dû maîtriser ma peur qui s est muée en colère. Oh je n’ai insulté personne. Je n’ai dit du mal de personne. J’ai juste été très désagréable avec les personnes en face de moi. Un rdv mal noté de leur part et deux mois et demi d’attente pour moi. Et pas une excuse de leur part.

Rien de grave dans l’absolu, on est bien d’accord !  Deux mois sur la ligne du temps, c’est insignifiant.  Je n’avais pas à me montrer désagréable à ce point là. Pas la peine de me le dire. 

Tout cela se serait produit un autre jour, à un autre moment, j aurai pu trouver la bonne distance et laisser ma peur colère de côté. Mais la, ce jour là, je n ai pas pu. 

Je m’en veux énormément. Et je n’arrive pas à passer cet état de tristesse depuis deux jours. 

Le lendemain au téléphone, il m’a été demandé de faire un mot écrit dans lequel je m’excuse. Je l’ai fait sans problème, disant bien que j’étais désolée, mais aussi expliquant ce qui c’était produit en moi. Honnêtement, sans essayer de minimiser mon attitude. 

Lors du coup de fil, où il m a été demandé ce mot, j ai expliqué ce qui c’était passé en moi. A aucun moment je n’ai ressenti de l’empathie. A aucun moment j’ai entendu un « ah oui. ! Je comprends. » salvateur. 

J ai bien conscience que par mon attitude j’ai été toucher quelque chose chez l’autre. Et il s’est retrouvé dans l’incapacité de m’entendre, même le lendemain. 

Ah ! Si j avais une machine à remonter le temps !  Que j’aimerai remonter celui-là. Réussir à prendre la juste distance avec ce fait.  

Mais cette machine n’existe pas. Je vais donc devoir me pardonner d’avoir exprimé trop haut et trop fort ma peur colère. Il va me falloir me pardonner d’avoir failli.  

Quand je vis une émotion, un état que je n ai pas l’habitude de côtoyer comme c’est le cas ces jours-ci, je regarde ce que j’en apprends, ce que j’en retire. Histoire que tout ça serve à quelque chose. Que ce ne soit pas de l’énergie perdue. Histoire de recycler un déchet pour en faire quelque chose de beau et d’utile. 

Je sais que maintenant je comprendrais mieux une amie qui, il y a quelque temps, trouvait qu’elle n’était qu’une chose moche. Je sais que je comprendrais mieux les gens qui ne s’aiment pas, je connais désormais le goût de leur douleur. Avant je pouvais l’imaginer. Là, j’ai testé. J ai la grande chance de n’avoir que testé. J’ai vécu juste ce qu’il faut pour m’en souvenir longtemps. Juste ce qu’il faut pour ne pas sombrer.

Comme je le disais à un ami il y a quelques temps : J’adore quand la vie me fait des cadeaux, même des cadeaux qui piquent et égratignent un peu. Un cadeau de la vie est toujours bon à prendre… apprendre…