Le pari du bonheur

l'univers graphique et poétique d'Aline de Pétigny

Le jardi-nage

L’ennui

J’ai peur

Aimez qui je suis

prendre le temps de faire ce qu’on aime

Penser à chanter

Des fois la vie c’est fatigant…

La grande peur du Rien

Ne rien faire,

c’est mal,

soufflent ses fantômes.

 

Si tu ne fais rien,

tu n’auras rien

et ne rien avoir

c’est la pauvreté,

la misère,

lui murmurent ses ombres.

 

Si tu ne fais rien,

tu n’auras rien

et surtout,

tu ne seras rien !

lui chuchotent ses chimères.

 

Si tu es Rien,

personne ne peut t’aimer.

On n’aime pas Rien.

lui répètent sans cesse

ses ténèbres.

 

Voilà pourquoi

elle a grand-peur du Rien !

Le Rien l’obsède.

Il est partout,

il me guette,

me cherche,

pense-t-elle

tout en évitant de penser à Rien.

 

Le grand Rien,

c’est personne à ses côtés.

 

Le grand Rien,

c’est la mort !

 

Ses peurs sont là.

Grandes devant elle.

 

Elle vacille,

se met à faire tout

et n’importe quoi

pour ne pas faire Rien !

 

Ses peurs sont là

grandes devant elle.

Mais, pour la première fois,

elle regarde son courage qui est là, près d’elle.

De ses deux mains, elle le prend, l’embrasse,

et avec lui,

grâce à lui,

elle enjambe ses peurs.

Ce n’est pas rien d’enjamber ses peurs,

croyez-moi !

 

Et après ?

Après c’est incroyable comme elle se sent grande !

Si grande !

 

Elle regarde alors le paysage que ses peurs lui cachaient.

Elle s’assoit, son courage près d’elle,

et d’un grand souffle, elle se vide de tous ces petits riens

qui l’encombraient, lui pesaient.

Une fois vide de ses riens, elle prend conscience qu’elle est pleine de Tout.

Alors, elle peut faire rien,

sans peur

elle peut n’avoir rien,

sans crainte,

car elle sait.

Elle sait qu’Elle est.

Aline de Pétigny – 9 avril 2020

Mille et deux raisons

Je me promets de ne pas céder aux sirènes de la peur, si faciles à écouter, car répondant à des émotions connues, vécues et revécues.

Je me promets de changer la peur par la confiance qui est à l’orée du bois de mes craintes.

Il me suffit pour la trouver, pour vaincre la nuit, les ténèbres de mes angoisses, d’avancer en regardant les arbres qui m’entourent et non leurs ombres noires, de marcher en observant les taillis tels qu’ils sont réellement et non enveloppés de mes craintes.

Il est tellement aisé de jouer le jeu de la peur, tellement facile de glisser dans l’eau froide de l’angoisse. On n’y est pas bien, mais cela répond certainement à ce qu’il y a de plus humain en nous.

La peur est humaine, la confiance céleste.

Pour remonter vers notre divinité, laissons là, bas, cette émotion usée qu’est l’angoisse. Faisons l’effort de réapprendre ce qui est en nous, cette part divine qu’est la confiance en la vie.

Chaque fois que l’on cède à la peur, on assombri le monde.

La peur n’a pas sa place dans ma vie et quand elle tente d’y trouver refuge j’ouvre grand les portes et les fenêtres de mon jardin intérieur pour qu’elle s’envole.

Je la refuse, et travaille chaque jour à en enlever les racines. Chaque radicule arrachée est une victoire sur les ténèbres. Même si cette victoire nous parait minime il faut la fêter car à force de petites victoires la peur reculera.

Il y a mille et une raisons d’avoir peur.

Il y a mille et deux raisons d’avoir confiance et de fêter la vie.

Et c’est cette raison en plus qui fait la différence :

La confiance est le plus court chemin vers le bonheur.

Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas il y a un fait qui ne change pas :

tout a une fin.

Tout change, tout évolue, tout fini, tout commence, tout continue, rien ne reste tel quel.

La seule chose qui ne change pas est le fait que tout change.

Je pense qu’une des clés du bonheur est d’accepter que ce que nous sommes en train de vivre va avoir une fin, savoir reconnaître quand arrive cette fin, accepter cette fin et voir le nouveau départ qu’elle engendre. Car toute fin est suivie d’un commencement

Aline – 2010

Les cadeaux de la vie qui piquent et égratignent

Il y a deux jours je me suis bien énervée, je me suis mise en colère contre des personnes. Je n’en suis pas fière. J’ai, depuis, une peine au cœur, une tristesse, d’avoir failli.  Oui c’est ça, j’ai failli. La peur colère l’a emporté !

J aurais dû maîtriser ma peur qui s est muée en colère. Oh je n’ai insulté personne. Je n’ai dit du mal de personne. J’ai juste été très désagréable avec les personnes en face de moi. Un rdv mal noté de leur part et deux mois et demi d’attente pour moi. Et pas une excuse de leur part.

Rien de grave dans l’absolu, on est bien d’accord !  Deux mois sur la ligne du temps, c’est insignifiant.  Je n’avais pas à me montrer désagréable à ce point là. Pas la peine de me le dire. 

Tout cela se serait produit un autre jour, à un autre moment, j aurai pu trouver la bonne distance et laisser ma peur colère de côté. Mais la, ce jour là, je n ai pas pu. 

Je m’en veux énormément. Et je n’arrive pas à passer cet état de tristesse depuis deux jours. 

Le lendemain au téléphone, il m’a été demandé de faire un mot écrit dans lequel je m’excuse. Je l’ai fait sans problème, disant bien que j’étais désolée, mais aussi expliquant ce qui c’était produit en moi. Honnêtement, sans essayer de minimiser mon attitude. 

Lors du coup de fil, où il m a été demandé ce mot, j ai expliqué ce qui c’était passé en moi. A aucun moment je n’ai ressenti de l’empathie. A aucun moment j’ai entendu un « ah oui. ! Je comprends. » salvateur. 

J ai bien conscience que par mon attitude j’ai été toucher quelque chose chez l’autre. Et il s’est retrouvé dans l’incapacité de m’entendre, même le lendemain. 

Ah ! Si j avais une machine à remonter le temps !  Que j’aimerai remonter celui-là. Réussir à prendre la juste distance avec ce fait.  

Mais cette machine n’existe pas. Je vais donc devoir me pardonner d’avoir exprimé trop haut et trop fort ma peur colère. Il va me falloir me pardonner d’avoir failli.  

Quand je vis une émotion, un état que je n ai pas l’habitude de côtoyer comme c’est le cas ces jours-ci, je regarde ce que j’en apprends, ce que j’en retire. Histoire que tout ça serve à quelque chose. Que ce ne soit pas de l’énergie perdue. Histoire de recycler un déchet pour en faire quelque chose de beau et d’utile. 

Je sais que maintenant je comprendrais mieux une amie qui, il y a quelque temps, trouvait qu’elle n’était qu’une chose moche. Je sais que je comprendrais mieux les gens qui ne s’aiment pas, je connais désormais le goût de leur douleur. Avant je pouvais l’imaginer. Là, j’ai testé. J ai la grande chance de n’avoir que testé. J’ai vécu juste ce qu’il faut pour m’en souvenir longtemps. Juste ce qu’il faut pour ne pas sombrer.

Comme je le disais à un ami il y a quelques temps : J’adore quand la vie me fait des cadeaux, même des cadeaux qui piquent et égratignent un peu. Un cadeau de la vie est toujours bon à prendre… apprendre…

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